Skoblar : l’Aigle Dalmate qui plane très haut

Skoblar : l’Aigle Dalmate qui plane très haut

12 mars 2022 0 Par Copa de Otro Mundo

12 mars 1941. Dans son nid de Privlaka (ex-Yougoslavie), un drôle d’oiseau casse sa coquille. C’est le jour de naissance de Josip Skoblar, attaquant emblématique de l’OM et, par extension, du championnat de France.

C’est dans sa Dalmatie natale, région littorale des Balkans de Croatie que Josip Skoblar se forme. Le club du NK Zadar lui offre la possibilité de s’y distinguer. Ni une, ni deux pour ce destin « droit au but », l’une des grandes écuries de la capitale yougoslave, l’OFK Belgrade l’enrôle à 18 ans.

Sans atteindre encore des statistiques exceptionnelles, son affinité avec le but adverse est indéniable. Elle se confirme au cours des sept saisons d’idylles avec les Romantiques (surnom de l’OFK Belgrade). Au-delà des 63 buts marqués en 162 matchs et des deux coupes nationales soulevées, c’est le style de l’attaquant qui plait. On ne sait plus s’il est gaucher ou droitier, il tire des deux pieds. Parlons-en de sa frappe de balle, de la dynamite. Et son jeu de tête ? Implacable. En bref, un avant-centre complet, qui a tout pour devenir un véritable tueur devant le but.

D’ailleurs, ce n’est pas un hasard si son profil séduit les recruteurs de l’Europe entière. Mais c’est en Allemagne du côté d’Hanovre que l’Aigle Dalmate effectue son premier envol pour s’affranchir de ses terres. Nous sommes en 1966.

Sauf que le planeur bat de l’aile, bénéficiant d’un temps de jeu famélique lors de ses six premiers mois en Bundesliga. Finalement considéré comme pas assez aguerri, il est envoyé en prêt à l’Olympique de Marseille pour y finir la saison.

À Marseille pour s’y relancer

Sur le Vieux-Port, l’aigle prend part au ballet dansant des mouettes rythmé par les bourrasques du mistral. Ainsi, revigoré par l’air provençal, Skoblar s’épanouit et réalise une demi-saison aboutie, avoisinant la quinzaine de buts. Il faut dire que l’entente avec son compère d’attaque, le camerounais Joseph, fait des dégâts !

Forcément outre-Rhin, les dirigeants souhaitent surfer sur l’efficacité retrouvée de l’international yougoslave (32 sélections, 11 buts) malgré la volonté de celui-ci de profiter davantage du sud de la France. Ce ne sera que partie remise.

À Marseille pour y triompher

Après deux années et demie réussies en Allemagne, le président de l’OM Marcel Leclerc désire rapatrier son chouchou au Vélodrome. Et la pugnacité du dirigeant olympien de s’avérer payante.

Comme un aigle fond sur sa proie, Josip Skoblar, lui, fond sur le but. 100 buts lors de ses 100 premiers matchs sous la tunique marseillaise ! « Droit au but », cette fameuse devise olympienne, ne pouvait pas mieux lui coller à ses plumes !

Les sommets atteints, au terme d’une saison 1971 conclue par un titre de champion, sont vertigineux. 44 pions inscrits, un record toujours d’actualité.

Skoblar ne se contente pas de faire trembler les filets… il les troue littéralement comme lors de la réception de l’OGC Nice le 6 décembre 1970 (4-0). Mais Josip, c’est aussi un caractère bien trempé. Hargneux, nerveux voire imprévisible, il est parfois sujet à des coups de sang. En témoigne la droite décrochée en guise de vengeance après une faute subie et qui laissera humide l’arcade de Raymond Domenech dans un duel face à l’Olympique Lyonnais.

Il forme une autre paire d’attaque qui fait sensation. La complémentarité technique avec le suédois Roger Magnusson fait un carnage. En pleine ère stéphanoise, les phocéens font même mieux que conserver leur titre et s’offrent le doublé coupe-championnat 1972. Là encore, Skoblar trône sur le classement des meilleurs buteurs une deuxième (30 buts – 1972) puis une troisième fois (26 buts – 1973) de suite. Le tout sans jamais tirer un seul pénalty.

Un total de 158 buts en 194 matchs solde le bilan de sa seconde étape marseillaise (1969-1975), période synonyme de règne pour celui qui est surnommé l’Aigle Dalmate. Et s’il était finalement un Aigle Royal ?