Rangers – Celtic : le drame d’Ibrox Park

Rangers – Celtic : le drame d’Ibrox Park

2 janvier 2022 Non Par Copa de Otro Mundo

2 janvier 1971. Venus assister au derby de Glasgow, 66 supporters des Rangers perdent la vie après l’euphorie du but égalisateur à l’ultime seconde. La joie puis l’horreur. C’est le drame d’Ibrox Park.

Entre folie humaine, normes de sécurité calamiteuses et infrastructures désastreuses, le football a été, à plusieurs reprises, le théâtre de catastrophes qui ont marquées la mémoire collective. Le drame d’Ibrox Park, survenu à Glasgow en 1971, en est un parmi ceux qui s’inscrivent dans le triste palmarès des tragédies funestes.

C’est probablement la plus terrible qu’ait connue le football écossais. Pire encore, en terme de pertes humaines, que la fois où une tribune de ce même stade s’était effondrée lors d’un Ecosse-Angleterre en 1902 (26 morts) ou lorsqu’une barrière de la porte 13 s’était rompue en 1961 (2 morts). Les deux autres accidents, survenus en 67 et 69, n’avaient fait que consolider la déshonorante réputation d’Ibrox Park.

Une fois de plus, celle-ci a été sinistrement confirmée lors du Old Firm, ce fameux derby de la ville de Glasgow entre les Rangers et le Celtic. En ce second jour de la toute fraîche année 1971, 66 personnes ont succombé, par écrasement et asphyxie, à un mouvement de foule. Des dizaines d’autres sont venues remplir la liste des blessés à déplorer.

Deux buts en deux minutes

Tout est survenu dans une fin de match aussi folle sur le terrain qu’insensée en tribune. Les deux équipes semblaient bien se diriger vers un 0-0 final. Mais c’était sans compter sur Jimmy Johnstone. À la 89ème minute, l’ailier auteur de l’ouverture du score en faveur du Celtic a glacé tout l’Ibrox Park. Déçus, les premiers fans locaux ont commencer à déserter les gradins avant le coup de sifflet final. Pourtant, quelques secondes ont suffit aux Rangers pour refaire leur retard grâce à Colin Stein.

Un scénario renversant ! Les 80 000 fans étaient en liesse. Sauf qu’à la porte 13, comme en 1961, les scènes de joies ont rapidement laissé place à l’affolement, l’angoisse puis la terreur. Dans le grouillement, beaucoup ont trébuché. Les barrières, elles, face au poids de l’effet domino, ont cédé. Parmi les victimes, un grand nombre de mineurs se sont retrouvés trop longtemps coincés.

Les causes du drame

Deux hypothèses divergent quelque peu. Des témoins ont affirmé que les supporters partis du stade prématurément avaient brusquement rebroussé chemin à l’écoute de l’explosion de joie provoquée par le but égalisateur. Ce mouvement de foule a entrainé le drame. Cependant, l’enquête policière n’a pas donné pour irréfutable l’explication qui vient d’être écrite. Pour elle, une chose est sûre. Tous se dirigeaient vers la même direction au moment de chaos : au plus près du terrain pour célébrer l’égalisation.

Pour donner une idée, certains se trouvaient comprimés sous deux mètres de masses corporelles empilées. Alors quand les services d’urgence sont intervenus quelques minutes après, il était déjà trop tard. En cette fin d’après-midi, la brume commençait à camper sur Ibrox Park. Et les corps de ceux ayant perdu la vie, descendus au bord de la pelouse et disposés sous des draps blancs, finissaient de planter le décor de la scène macabre. 66 âmes ont perdu la vie.

Le drame d’Ibrox Park a provoqué la totale réfection de l’enceinte. Elle en avait besoin. Le coach de l’époque, Willie Waddell a parcouru plusieurs stades d’Europe à la recherche d’inspirations infrastructurelles favorisant les places assises. Et c’est celui du Borussia Dortmund, alors connu sous le nom du Westfalenstadion qui l’a le plus impressionné. Depuis 1997, l’Ibrox Park est devenu l’Ibrox Stadium. Le stade de désormais 50 000 places est classé 5 étoiles par l’UEFA, attestant de sa sûreté. Les leçons des erreurs du passé ont été retenues.