Coupe Intercontinentale 1980 : Nacional champion

Coupe Intercontinentale 1980 : Nacional champion

11 février 2022 0 Par Copa de Otro Mundo

11 février 1981. À Tokyo, les uruguayens du Nacional s’imposent face à Nottingham Forest, remportant ainsi leur seconde Coupe Intercontinentale.

La compétition réunissant les clubs vainqueurs de la Ligue des Champions et de la Copa Libertadores se cherchait un nouveau souffle. Entre absence d’épreuve (1975 et 1978) et boycotts de quelques clubs champions d’Europe se plaignant de l’issue violente de certaines finales, la Coupe Intercontinentale a traversé les 70’s de manière tumultueuse.

Alors que l’édition 1980 ne s’était toujours pas disputée, un nouveau projet, promu par le constructeur automobile japonais Toyota, a vu le jour fin novembre de ladite année. Exit la traditionnelle opposition datant depuis sa création en 1960 durant laquelle les meilleures équipes mondiales s’affrontaient en matchs aller-retour. Dorénavant, le titre se jouerait lors d’une finale unique prévue à Tokyo. Le vainqueur, lui, soulèverait la Toyota Cup, la nouvelle Coupe Intercontinentale.

Pour mener l’idée à terme, la firme nippone assurerait une jolie prime aux clubs participants, dépassant les simples frais de voyage et de séjours. En marge, l’UEFA s’était prévenue de tout boycott venant d’équipe membre de sa confédération en promulguant un contrat qui exigeait la participation du champion d’Europe à chaque tournoi.

Une fois toutes les négociations terminées, une date pour la coupe nouvelle formule pouvait être établie : le 11 février 1981, au Stade Olympique de Tokyo.

Club Nacional de Fútbol

Quasiment au même moment où se définissaient les contours de la nouvelle Coupe Intercontinentale, l’Uruguay était entrain de vivre un tournant politique retentissant. Le 30 novembre 1980, la dictature militaire, au pouvoir depuis 1973, a organisé un référendum. L’objectif : faire approuver une réforme constitutionnelle visant à légitimer le régime. Mais le peuple, rêvant de davantage liberté, en a décidé autrement. La dictature commençait à vaciller pour finalement abdiquer au milieu des années 80.

C’est dans cet élan de vent nouveau que plus de 25 000 fans du Club Nacional de Fútbol ont fait le déplacement à Porto Alegre pour soutenir leurs couleurs blanc-bleu-rouge. De l’Etat de Rio Grande do Sul au sud du Brésil où ils disputaient la finale aller de la Libertadores, les joueurs du club de Montevideo sont revenus invaincus.

Au match retour, l’unique but de la rencontre inscrit par Waldemar Victorino a offert la seconde couronne continentale de son histoire au Nacional.

Les tricolores étaient réputées pour être une équipe difficile à bouger, un groupe solide gouverné par le Chacho Blanco en défense et le gardien de la teleste Rodolfo Rodríguez. Devant, l’impressionnante ligne d’attaque, composée de Waldemar Victorino, Alberto Bica et Julio César Morales, enchainait les buts.

Nottingham Forest

Double champion d’Europe en titre, le Nottingham Forest de Brian Clough détonnait, c’est le moins que l’on puisse dire. Totalement à contrepied du football anglais de l’époque où le kick & rush était le standard du bien-pensant, le manager anglais proposait un jeu de construction basé au sol. « Si Dieu avait voulu qu’on joue dans les nuages, il aurait mis de la pelouse là-haut » disait-il. Son tempérament de feu et sa gouaille bien trempée n’avaient d’égaux que son désir de faire jouer son équipe de façon réfléchie.

En finale de la Coupe d’Europe, Forest a triomphé devant Hambourg grâce à un but de Robertson (1-0′). Cette victoire lui a offert un billet pour le pays du soleil levant.

La finale

Malgré son statut d’outsider, le Nacional a rapidement ouvert le score par l’intermédiaire de son serial-buteur Victorino (10′). Celui-là même qui avait offert le titre continental à son équipe quelques mois plutôt. Servi par un centre à raz de terre depuis l’aile droite de José Hermes Moreira, l’attaquant de los albos a parfaitement su jaillir au premier poteau. D’un contrôle, son vis-à-vis est laissé sur place, le gardien anglais, fusillé.

À deux autres reprises, les champions d’Europe ont failli être laissés sur le carreau par des uruguayens dominateurs. Mais les hors-jeux sifflés par l’arbitre israélien Abraham Klein en ont décidé différemment. À la suite de ces faits de jeu litigieux, la physionomie du match a pris une tout autre tournure. Logiquement, Nottingham a lâché les chevaux pour venir acculer Nacional dans ses 30 mètres. Mais en face, un Rodolfo Rodríguez en feu claquait des parades sensationnelles. En y laissant l’âme et le cœur, le cerveau et le corps, le Nacional Club de Fútbol est parvenu à empêcher une égalisation britannique. De Tokyo à Montevideo, les hinchas  du decano pouvaient exulter… Et Waldemar Victorino, se pavaner dans sa nouvelle Toyota Celica promise au meilleur joueur de la rencontre désigné par un vote de journalistes.

Grâce à ce succès (1-0), le Nacional est remonté sur le toit du monde, un peu moins de 10 ans après avoir goûté pour la première fois aux joies effervescentes qu’offrent les cimes du football. Aussi, cela lui permettait de recoller à son éternel rival également double champion du monde. Une avance que reprendrait Peñarol lors de l’édition 1982, avant que le Nacional vienne égaliser une nouvelle fois au palmarès en 1988.

Pour les hispanophones, vous pouvez faire un petit tour sur l’article de la page officielle du Nacional qui revient sur l’évènement.